2026 - Aidez-nous à enrichir notre programme de travail
Vous pouvez participer au choix des sujets d’enquêtes.
Décortiquer l'évolution du pouvoir d'achat, un indicateur économique trop fourre-tout
- Corps de la contribution
- Le pouvoir d'achat se situe au top des préoccupations spontanément citées dans les sondages d'opinion. Il constitue un enjeu politique important quant aux mesures de soutien d'autant plus en période d'inflation (et osons dire électorale) Mais encore faudrait-il disposer des analyses indispensables pour évaluer l'impact de telle ou telle mesure - effective ou projetée - non sur un pouvoir d'achat global moyen des français mais 1/ sur chacune des composantes qui constituent le pouvoir d'achat 2/ sur les différentes catégories sociales de la population par tranches de revenus 3/ selon les différences territoriales du bassin de vie 4/ en termes de résultats médians plutôt que de moyenne En effet, quel enseignement peut-on tirer d'un indicateur "pouvoir d'achat" qui amalgame de façon fourre-tout : les revenus du travail (salaire ou revenu d'activité d'un travailleur indépendant), les revenus du capital (dividendes, intérêts), les revenus fonciers (loyers perçus), le montant des prestations sociales (pensions, allocations, IJSS) ... moins cotisations et impôts. On comprend aisément que sur la base d'un tel indicateur une politique économique pourrait se vanter d'avoir obtenu une certaine hausse du "pouvoir d'achat" alors que la prise en compte des seuls revenus du travail montrerait possiblement une évolution contraire pour la population qui ne vit que de son salaire. D'autre part, pourquoi importe-t-il de mener l'analyse par tranches de revenus, le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO) auprès de la Cour des Comptes l'avait bien démontré en 2023 à propos de l'évaluation par exemple de ce que produirait une baisse de TVA sur le pouvoir d'achat. Il ressortait que le bénéfice d'un abaissement du taux de TVA avantageait d'autant plus la consommation d'un ménage que son niveau de revenu est élevé. En outre, la perte en collecte de TVA se traduirait par moins de moyens pour financer le social (santé, éducation...) réduisant l'effet redistributif en nature et pénalisant ainsi davantage les foyers à faibles revenus. S'agissant des différences selon le bassin de vie, cela signifie prendre en compte, selon que l'on est citadin ou en territoire rural, le poids respectif dans le pouvoir d'achat de certaines dépenses contraintes comme le transport, la consommation d'énergie de chauffage. Plus on est loin d'un centre urbain et plus l'on dépend en effet pour se déplacer de la voiture, et souvent pour se chauffer d'énergies fossiles. Le pouvoir d'achat est donc impacté de façon discriminante selon l'habitat par l'évolution du coût des carburants et du fioul domestique. Enfin, nul besoin de rappeler ce que camouflent des résultats exprimés en moyenne, tout cela pour dire que la Cour des Comptes a peut-être un rôle à jouer pour établir des recommandations qui seraient applicables à la politique économique et qui permettraient aux français de mieux s'y retrouver (s'y reconnaître) quand on leur parle de pouvoir d'achat et de mesures de soutien. https://www.vie-publique.fr/en-bref/291283-soutien-au-pouvoir-dachat-baisser-la-tva-une-solution
Signaler un contenu inapproprié
Ce contenu est-il inapproprié ?
0 commentaire
Chargement des commentaires ...
Ajoutez votre commentaire
Pour ajouter votre commentaire identifiez-vous avec votre compte ou créez un compte.
Chargement des commentaires ...