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Changements sur "Recours excessif à la contractualisation, effectifs de l'EN"
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- Les acteurs du monde éducatif constatent depuis 20 ans une dérive dans le recrutement \"par contrat\" (enseignants contractuels : CTEN) dans les effectifs de l'Education Nationale, qui constitue une rupture dans la règle d'accès par concours à la fonction publique, mais aussi à une perte d'efficience de notre système éducatif. \nLe recours à la contractualisation, vu comme un exception, peut être une solution pour palier à des pénuries RH, ou pour opérer à des recrutements sur profils très spécifiques. Malheureusement, l'utilisation de cette technique de recrutement, par l'administration centrale et ses opérateurs déconcentrés, les rectorats, est devenue hors de contrôle et constitue un problème RH durable, mais aussi économique et qualitatif au regard du service public rendu au contribuable. \n\nUn problème RH durable qui fait chuter le niveau des enseignements prodigués face aux élèves et précarise un métier à forte valeur ajoutée : Le recours devenu quasi systématique à des CTEN dans certaines disciplines technologiques (STMG, ST2S, STI2D) est une réalité dans de nombreuses académies françaises. En sciences médico-sociales, le mouvement des titulaires est quasiment à l'arrêt en raison d'une explosion des effectifs de CTEN, placés sur des postes vacants, bien souvent au dernier moment. Ces enseignants CTEN, parfois recrutés en Speed Dating (Académie de Versailles, de Montpellier) n'ont aucune expertise pédagogique ou disciplinaire et sont très souvent placés en situation de précarité professionnelle. Ils interviennent sur des EDS, coefficients 16 et 14 au baccalauréat et le font bien souvent en appui sur des collègues titulaires, de moins en moins nombreux. La qualité des enseignements est directement affectée, quand on sait que l'enseignement technologique accueille parfois des élèves en difficultés et devrait jouer un rôle majeur d'ascenseur social. \n\nUn problème RH qui se traduit aussi par une rupture d'équité et ne valorise par les carrières dans l'enseignement public : Une telle situation semble inexplicable, quand de nombreux titulaires, dotés d'une solide expérience, attendent leurs mutations et se retrouvent face à des refus systématiques. De ce fait de nombreux jeunes se refusent à passer les concours de l'enseignement secondaire, accélérant un délaissement du statut d'enseignant titulaire.\n\nUn problème économique qui traduit des habitudes bureaucratiques peu efficientes : le budget de l'EN est en augmentation continue, alors même que la baisse démographique est constatée. La contractualisation de nouveaux effectifs n'est pas source d'économie : de nombreux enseignants contractuels abandonnent, sont parfois 3 à 4 à intervenir sur un même poste, ces enseignants ne participent pas au financement du régime de protection sociale des fonctionnaires, ils passent rarement les concours internes en raison d'un système de mutation très peu favorable aux titulaires. \n\nLa situation budgétaire de la France impose de regarder avec attention l'efficience allocative assurée par son administration. L'Education Nationale est dotée d'une administration déconcentrée pour sa GRH très importante, se traduisant par des frais de gestion importants. Il serait attendu une analyse globale de la politique GRH sous la forme d'un audit national, afin de faire toute la lumière sur le recours excessif à la contractualisation d'enseignants qui n'apparait ni pertinente à l'échelle économique, ni efficace au regard de critères de performance éducative.