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Contrôle du coût social et économique de la déscolarisation des enfants autistes
- Corps de la contribution
- Je propose que la Cour des comptes contrôle le coût réel, à long terme, de la déscolarisation totale ou partielle des enfants autistes. La déscolarisation ne coûte pas seulement aux familles. Elle coûte à toute la société. Lorsqu’un enfant autiste est privé d’une scolarisation effective, régulière et adaptée à ses besoins, il perd des années d’apprentissage, d’autonomie, de socialisation et de développement. Ces pertes créent ensuite une dépendance plus forte aux dispositifs publics. La Cour devrait mesurer le coût de ces ruptures sur plusieurs années : perte d’apprentissages fondamentaux ; aggravation du retard scolaire ; perte d’autonomie ; isolement social ; besoin accru d’accompagnement médico-social ; orientation vers des dispositifs plus coûteux faute d’avoir reçu les adaptations nécessaires à l’école ; risque de dépendance durable aux aides publiques ; perte de chance d’accès à une formation, à un emploi et à une vie plus autonome. La Cour devrait aussi contrôler le coût imposé aux parents. Quand l’école n’assure pas son rôle, les familles doivent remplacer le système : enseigner, adapter les supports, coordonner les soins, chercher des solutions, gérer les démarches administratives, assister aux réunions, saisir les médiateurs et parfois engager des recours. Cette situation oblige souvent un parent à réduire son activité professionnelle ou à arrêter sa carrière. Cela crée une perte de revenus pour la famille, une perte de cotisations sociales pour l’État, une perte d’impôts et une précarisation durable des aidants familiaux. Le contrôle devrait chiffrer : le nombre d’enfants autistes partiellement ou totalement déscolarisés ; le nombre d’heures de scolarisation réellement assurées ; le coût des ruptures de parcours ; le coût des orientations par défaut vers le médico-social ; le coût des recours et procédures engagés par les familles ; le coût de l’arrêt ou de la réduction d’activité des parents ; le coût futur de la dépendance créée par l’absence d’accès effectif à l’école. La question centrale est simple : combien coûte à la société le fait de ne pas scolariser correctement les enfants autistes dès le départ ? Il faut comparer deux coûts : le coût d’une scolarisation effective, avec AESH formés, adaptations, dispositifs spécialisés et continuité du parcours ; le coût de la déscolarisation : perte d’autonomie, dépendance accrue, recours, ruptures familiales, aidants épuisés, orientations plus lourdes et exclusion durable. L’objectif du contrôle est de vérifier si l’État fait réellement des économies en ne garantissant pas une scolarisation effective, ou s’il reporte simplement le coût sur les familles, les années suivantes et les dispositifs sociaux. La Cour devrait recommander un suivi national obligatoire du temps réel de scolarisation des enfants autistes, des ruptures de parcours et du coût économique de la déscolarisation. Une politique publique ne peut pas être considérée comme efficace si elle crée plus de dépendance au lieu de développer l’autonomie des enfants.
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