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Évaluation de la stratégie de gestion de la dette publique française et du coût de refinancement pour les finances de l'État.
- Corps de la contribution
- Avec une dette publique qui dépasse désormais les 3 500 milliards d’euros (soit autour de 117% du PIB pour 2025/2026), la France consacre chaque année plusieurs dizaines de milliards d’euros au seul service de la dette (intérêts), ce qui en fait l’un des tout premiers postes du budget de l’État. La remontée rapide des taux d’intérêt depuis 2022 rend cette charge de plus en plus sensible pour les finances publiques françaises, en particulier à mesure que les anciennes émissions à bas taux arrivent à échéance et doivent être refinancées à des conditions moins favorables. La gestion opérationnelle de la dette de l’État est confiée à l’Agence France Trésor (AFT), qui définit et met en œuvre une stratégie portant sur le profil des émissions (durée moyenne, part des OAT longues, taux fixe vs indexées sur l’inflation, recours aux émissions à court terme), la gestion des risques de taux et de refinancement (échéancier, exposition aux chocs de marché, diversification de la base d’investisseurs), l’utilisation éventuelle d’instruments de couverture (dérivés de taux, swaps) et la gestion de la trésorerie de l’État. Cette stratégie n’a pas fait l’objet, à ce jour, d’une évaluation publique exhaustive par la Cour des comptes portant sur son efficience globale : comparaison du coût moyen de la dette française avec celui d’autres grands États européens de niveau de risque comparable, à structure de maturité proche, analyse des choix de structure de maturité (durée moyenne, part de dette indexée) et de leur impact sur la sensibilité de la charge d’intérêts aux variations de taux, appréciation des risques pris ou évités (risque de refinancement, concentration d’échéances, dépendance à certains segments de marché ou à certains investisseurs), examen des alternatives possibles (allongement ou raccourcissement de la maturité moyenne, recours plus ou moins important aux titres indexés, stratégies de couverture). Un audit de la Cour permettrait de disposer d’une évaluation indépendante de la stratégie de l’AFT, de ses résultats et de ses marges d’amélioration, dans un contexte où chaque point de taux supplémentaire pèse lourdement sur la trajectoire des finances publiques. Il offrirait également au débat démocratique une base objective pour discuter des arbitrages entre coût immédiat de la dette, maîtrise des risques et soutenabilité de long terme, à l’heure où la France doit financer simultanément la transition écologique, le réarmement, la santé et la cohésion sociale.
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