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Changements sur "Évaluation du coût de l'absentéisme dans la fonction publique et efficacité des politiques de prévention."
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- En France, l’absentéisme dans la fonction publique représente un coût estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, en additionnant les jours de travail perdus et les coûts de remplacement (intérim, heures supplémentaires, renforts).\nLes taux d’absentéisme sont structurellement plus élevés dans la fonction publique que dans le secteur privé, en particulier dans la fonction publique hospitalière et dans certains services en tension (santé, social, éducation), où les conditions de travail sont les plus dégradées.\nCe phénomène recouvre des réalités différentes : arrêts de courte durée, arrêts de longue maladie, accidents du travail, maladies professionnelles, mais aussi absentéisme lié à l’usure psychologique, aux risques psychosociaux, aux contraintes familiales ou à l’absentéisme de « protection » dans des contextes de conflit ou de surcharge chronique.\nLes réformes successives (introduction puis réintroduction d’un jour de carence, plans de prévention des risques professionnels, démarches qualité de vie au travail) n’ont pas permis d’enrayer durablement la progression de certains indicateurs.\nUn audit de la Cour permettrait de mesurer précisément le coût de l’absentéisme pour chacune des trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière), en distinguant les types d’absences et les principaux facteurs de variation (secteurs, métiers, territoires), d’analyser les causes profondes : conditions de travail (charges, horaires, effectifs), organisation et management, exposition aux risques physiques et psychiques, rôle du jour de carence et de la protection sociale spécifique des agents publics, d’évaluer l’impact réel des politiques de réduction de l’absentéisme mises en place depuis une dizaine d’années (jour de carence réintroduit, plans de prévention, dispositifs de suivi des agents en difficulté, actions sur la qualité de vie au travail), et de comparer les niveaux et les pratiques de la fonction publique française avec celles de fonctions publiques de pays voisins, pour identifier des pistes d’amélioration qui conjuguent protection de la santé des agents, continuité du service public et maîtrise de la dépense.\nUn tel travail permettrait de sortir d’un débat souvent caricatural (agents « trop absents » vs conditions de travail dégradées) pour objectiver les chiffres, cibler les causes les plus graves et proposer des solutions qui améliorent à la fois la santé au travail et l’efficacité des services publics.