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Évaluation du coût et de l'efficacité de la formation professionnelle dans la fonction publique : 5 à 6 milliards d'euros bien investis ?
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- La formation des agents publics représente chaque année plusieurs milliards d’euros de dépense, de l’ordre de 5 à 6 milliards pour l’ensemble des trois versants de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière), en incluant les actions de formation initiale, continue et les dispositifs de reconversion. Cet effort s’appuie sur un écosystème dense : compte personnel de formation (CPF) des agents publics, plans de formation portés par chaque ministère, dispositifs propres aux collectivités territoriales, et un réseau d’opérateurs dédiés (INSP ex ENA, Instituts régionaux d’administration, CNFPT, écoles ministérielles, écoles hospitalières). Ce système est coûteux et stratégique (recrutement, professionnalisation, transitions de carrière), mais son efficacité globale reste peu évaluée de manière consolidée. On connaît imparfaitement le coût total de formation par agent, par versant et par catégorie de personnel. L’impact réel des formations sur la qualité du service public (accueil, délais, maîtrise des procédures, mise en œuvre des réformes) est rarement mesuré par des indicateurs robustes. Les doublons entre opérateurs (contenus proches, mêmes publics, mêmes thématiques) et les lacunes (compétences numériques, management, transition écologique, relation usagers) sont peu documentés à l’échelle nationale. Un audit de la Cour permettrait de mesurer précisément le coût de la formation par agent et par versant de la fonction publique, en distinguant formation initiale, formation obligatoire et formation continue volontaire, d’évaluer, via des échantillons et des indicateurs, dans quelle mesure les formations suivies améliorent effectivement la qualité du service public rendu (compétences acquises, transformations des pratiques, satisfaction des usagers), d’identifier les chevauchements et les redondances entre opérateurs de formation (INSP, IRA, CNFPT, écoles ministérielles, organismes externes), ainsi que les zones où l’offre est insuffisante ou mal adaptée, et de comparer cet effort de formation et ses modalités avec les pratiques du secteur privé et des fonctions publiques étrangères comparables, pour dégager des pistes de simplification, de mutualisation et de montée en compétences sur les priorités de la décennie (numérique, transition écologique, management, participation citoyenne). Une telle évaluation donnerait une base objective pour rationaliser l’appareil de formation, cibler les moyens sur les formations à plus fort impact et faire de la montée en compétences des agents un véritable levier de transformation de l’État et des services publics locaux.
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