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Changements sur "La PMI dispose-t-elle de moyens adaptés pour assurer ses missions de prévention, de santé publique et de soutien à la parentalité ?"
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- La Protection maternelle et infantile (PMI) constitue un dispositif majeur de prévention, de promotion de la santé et de réduction des inégalités sociales et territoriales. Pourtant, alors que les besoins des familles augmentent et que l’accès aux soins de premier recours se dégrade dans de nombreux territoires, les moyens humains dont elle dispose apparaissent de plus en plus fragilisés.\n\nUne évaluation de la Cour des comptes permettrait d’analyser l’adéquation entre les missions confiées à la PMI et les ressources effectivement mobilisées pour les exercer.\n\nLa question des ressources humaines apparaît centrale. Les départements rencontrent des difficultés croissantes de recrutement de médecins, sages-femmes, psychologues et infirmières puéricultrices. Ces tensions peuvent conduire à réduire les consultations, les visites à domicile ou certaines actions de prévention. Une analyse nationale permettrait d’objectiver l’ampleur de ces difficultés, leurs conséquences sur les usagers et les disparités territoriales qui en résultent.\n\nL’évaluation pourrait également porter sur la place et la valorisation des infirmières puéricultrices, professionnelles au cœur des missions de PMI. Leur expertise en santé de l’enfant, développement précoce, accompagnement des familles et repérage des vulnérabilités constitue un atout majeur. Dans un contexte de pénurie médicale, la possibilité de développer des pratiques avancées, dans l’esprit du modèle des infirmiers en pratique avancée (IPA), mériterait d’être étudiée afin de renforcer l’accès aux services et l’attractivité de ces métiers.\n\nLa PMI joue par ailleurs un rôle croissant dans l’accès aux soins des jeunes enfants. Dans certains territoires confrontés aux déserts médicaux ou à la raréfaction des pédiatres et médecins généralistes, elle constitue parfois l’un des derniers points d’accès à un suivi régulier des enfants. Cette évolution interroge la place de la PMI dans l’organisation des soins de premier recours et les moyens nécessaires pour répondre à ces nouvelles attentes.\n\nLa singularité de la PMI réside également dans son positionnement à l’interface des politiques de santé et d’action sociale. Cette approche globale permet d’accompagner les familles dans leurs dimensions sanitaires, éducatives et sociales, de soutenir la parentalité et de repérer précocement les situations de vulnérabilité.\n\nLes actions collectives de soutien à la parentalité mériteraient enfin une attention particulière. Ateliers parents-enfants, groupes d’échanges et actions d’éducation à la santé constituent des outils reconnus de prévention, favorisant le développement de l’enfant et rompant l’isolement des familles. Pourtant, faute de moyens suffisants, ces interventions sont souvent les premières réduites alors même qu’elles contribuent à prévenir des difficultés ultérieures plus coûteuses pour la collectivité.\n\nUne telle évaluation permettrait d’apprécier la capacité de la PMI à répondre aux besoins actuels des familles et d’éclairer les choix futurs de l’État et des départements concernant l’organisation, le financement et l’évolution de ce service public essentiel.