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Évaluation de l'efficacité des politiques de diversification sociale dans la haute fonction publique : bilan de la réforme INSP.
- Corps de la contribution
- Depuis plus de vingt ans, de nombreux dispositifs ont été créés pour diversifier le recrutement de la haute fonction publique (classes préparatoires intégrées, conventions d’éducation prioritaire, concours « troisième voie », dispositifs type « prépas Talents »). Pourtant, les études disponibles montrent que la haute fonction publique française demeure socialement et géographiquement très homogène, beaucoup moins diversifiée que la population qu’elle administre et que certaines fonctions publiques étrangères comparables. La suppression de l’ENA et sa transformation en Institut national du service public (INSP), effective à partir de 2022, avaient précisément pour objectif d’ouvrir davantage le recrutement, de rénover la formation et de refondre les règles d’accès aux grands emplois de l’État. La création du corps interministériel des administrateurs de l’État, la mise en extinction des anciens grands corps administratifs et la réforme des concours (nouvelles voies d’accès, aménagement du troisième concours, soutien renforcé aux « prépas Talents ») devaient contribuer à une haute fonction publique plus diversifiée, plus mobile et moins enfermée dans des logiques de reproduction sociale. Un audit de la Cour permettrait de mesurer, à partir des données de concours et de carrière, l’impact réel de ces politiques de diversification du recrutement sur la composition sociale, géographique et scolaire des élèves de l’INSP, puis des administrateurs de l’État (origine sociale, lieux de scolarisation, territoires, parcours professionnels antérieurs), d’évaluer le coût cumulé des dispositifs mis en place (classes prépas intégrées, prépas Talents, voies spécifiques de concours, bourses, actions de communication, réforme de la formation initiale) et leur rapport coût / effet sur la diversification effective des recrutements, d’analyser si la réforme INSP et la création du corps des administrateurs de l’État ont modifié, en pratique, la sociologie des hauts postes (administrations centrales, préfectures, inspections générales, diplomatie, finances), ou si les biais de recrutement et de carrière persistent sous d’autres formes (réseaux de grandes écoles, cooptation, profils privilégiés), et de comparer la situation française avec des fonctions publiques étrangères qui ont mis en place des politiques plus avancées de diversité sociale et territoriale pour l’encadrement supérieur, afin de nourrir des recommandations ambitieuses. Un tel audit donnerait une base objective pour savoir si la réforme de la haute fonction publique a réellement entamé la logique de reproduction sociale, ou si l’INSP n’a fait que moderniser la vitrine sans transformer en profondeur la composition de celles et ceux qui dirigent l’État.
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