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Évaluation à mi-parcours de la Loi de Programmation de la Recherche : les moyens annoncés sont-ils mobilisés et produisent-ils les effets attendus ?
- Corps de la contribution
- Le système français de recherche publique est souvent décrit comme à la fois dense et fragmenté : de grands organismes nationaux (CNRS, Inserm, Inrae, CEA, Inria, BRGM et d’autres) coexistent avec les universités, les écoles et de multiples établissements publics dans un paysage complexe de structures et de tutelles. La mission interministérielle « Recherche et enseignement supérieur » (MIRES) regroupe à elle seule plus de 30 milliards d’euros de crédits en 2026, dont environ 16 à 17 milliards spécifiquement fléchés vers la recherche, tandis que la dépense intérieure totale de R&D (publique et privée) atteint plus de 60 milliards d’euros. Dans ce cadre, l’Agence nationale de la recherche (ANR) finance, via des appels à projets compétitifs, un volume de l’ordre de 800 millions d’euros par an, ce qui reste une part minoritaire mais stratégique des financements de la recherche publique. La coexistence entre crédits récurrents (subventions pour charges de service public versées aux organismes et aux universités) et crédits compétitifs (ANR, France 2030, PIA) fait l’objet de débats intenses, une partie de la communauté scientifique dénonçant la précarisation des équipes et la dispersion des appels à projets. La loi de programmation de la recherche (LPR 2021 2030) prévoyait une montée en puissance progressive des moyens budgétaires, mais plusieurs analyses soulignent que la trajectoire financière est aujourd’hui en grande partie remise en cause, voire interrompue, au regard des dernières lois de finances. Des syndicats et des établissements alertent sur un décrochage des financements publics de la recherche en proportion du PIB, des revalorisations de carrières partiellement appliquées et une tension croissante sur les budgets des universités et des organismes. Un audit de la Cour des comptes permettrait d’évaluer la complémentarité réelle entre organismes de recherche et universités (répartition des missions, rôle des unités mixtes de recherche, chevauchements thématiques ou territoriaux) et d’identifier les doublons ou les lacunes dans certaines disciplines ou régions, d’analyser la structure des financements entre crédits récurrents et crédits compétitifs (ANR, programmes d’investissements d’avenir, France 2030) et leurs effets sur la stabilité des équipes, l’attractivité des carrières et la capacité à conduire des recherches de long terme, de vérifier l’état d’exécution de la LPR (recrutements, revalorisations, trajectoire budgétaire) et de mesurer l’écart entre la programmation initiale et les budgets effectivement votés pour 2024 2026, et, plus largement, d’apprécier l’efficacité du système français de recherche publique en termes de production scientifique, de formation par la recherche et de contribution aux grandes priorités nationales (transition écologique, santé, numérique), au regard des moyens engagés.
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