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Compléter l'évaluation des coûts complets de l'éolien en mer
- Corps de la contribution
- La contribution de M. Éric Sartori du 11 juin 2026, intitulée « Détermination des coûts réels et complets de l’éolien en mer », a utilement recensé de nombreux coûts aujourd'hui insuffisamment pris en compte dans l'évaluation économique de l'éolien en mer. Afin d'éclairer de manière sincère les décisions publiques, il apparaît nécessaire d'y ajouter plusieurs facteurs complémentaires. Dérapages des coûts des travaux maritimes : Les grands projets offshore sont particulièrement exposés aux aléas techniques et géologiques. Les exemples récents de l'éolien flottant en Norvège, du projet de Fos-sur-Mer ou encore des difficultés rencontrées par le Celtic Interconnector montrent que les dépassements de coûts peuvent être considérables. Une évaluation réaliste devrait intégrer un coefficient de risque fondé sur les retours d'expérience. Incidence sur le parc nucléaire : La modulation accrue des réacteurs nucléaires pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables est susceptible de réduire leur durée de vie économique et d'augmenter leurs coûts de maintenance. Ce manque à gagner, objet du rapport EDF du mois de janvier 2026, doit être imputé au développement des moyens de production intermittents. Risque de dérive des coûts futurs : Les hypothèses retenues pour les futurs appels d'offres, notamment l'AO10, devraient faire l'objet d'analyses de sensibilité explicites afin de vérifier leur robustesse face à des scénarios réalistes de hausse des coûts. Allongement de la durée des contrats de soutien : L'extension envisagée de la durée des prix garantis, de vingt à vingt-cinq ans, constitue un engagement financier supplémentaire pour la collectivité et mérite une évaluation spécifique, conformément aux réserves exprimées par la CRE. Effets d'échelle potentiellement surestimés : Les baisses de coûts anticipées grâce à la massification des projets ne sont pas garanties pour une technologie encore émergente comme l'éolien flottant, associée à des coûts de fabrication plus classique, analogues à ceux de l’offshore pétrolier, donc peu susceptibles de baisse importante. Les retours d'expérience internationaux invitent à la prudence. Évolution du facteur de charge : Les hypothèses de production doivent tenir compte d'une part du niveau simulé du facteur de charge selon données météo locales avant conclusion du contrat, et d’une éventuelle dégradation des performances au cours de la vie des installations afin d'éviter une surestimation de la rentabilité, et donc une sous-évaluation du coût réel. Coûts de sécurité maritime : Le développement massif de l'éolien flottant nécessite des investissements supplémentaires en matière de balisage, de surveillance, de remorquage et de moyens d'intervention. Ces coûts de fonctionnement et d'investissement devraient être affectés au fait générateur. Coûts liés à la défense nationale : Les perturbations des systèmes radar imposent la mise en place de dispositifs de compensation et d'équipements spécifiques, dont certains sont inclus dans l’AO10. L'ensemble de ces coûts, y compris les dépenses de fonctionnement, devrait être intégré dans l'évaluation économique des projets. Nous demandons en conséquence à la Cour des Comptes de veiller à la prise en compte exhaustive de ces différents facteurs afin d'établir le coût réel et complet de l'éolien en mer et d'en mesurer les conséquences financières pour les contribuables, les consommateurs d'électricité et les collectivités publiques.
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