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Le coût complet du système énergétique
- Corps de la contribution
- Les trajectoires de transition énergétique françaises évaluent principalement les coûts de production, de réseau et de rénovation des usages. Cependant, les besoins liés à la résilience du système lors des épisodes de stress extrême — stockage longue durée, capacités pilotables de secours, flexibilités contractuelles, conversion et stockage saisonnier de l’énergie — représentent également des investissements potentiellement très importants. Dans ce contexte, la Cour des comptes pourrait-elle évaluer : • si les trajectoires d’investissement actuellement envisagées intègrent de manière consolidée le coût complet du système énergétique, incluant production, réseaux, stockage, capacités de secours et sécurité d’approvisionnement ; • si les capacités industrielles, humaines et financières mobilisables d’ici 2040–2045 apparaissent cohérentes avec ces trajectoires ; • si les hypothèses actuelles prennent suffisamment en compte les coûts liés aux situations prolongées de tension sur le système électrique ; • et enfin, si l’absence d’une vision systémique consolidée pourrait conduire à des ajustements tardifs dont le coût pour les finances publiques, les entreprises et les ménages serait significativement plus élevé qu’une planification anticipée.
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La distinction fondamentale que je veux maintenir est celle-ci : il y a d'un côté la légitimité politique d'un choix de transition énergétique, qui appartient effectivement aux élus et aux citoyens, et de l'autre l'efficience économique de la mise en œuvre de ce choix, qui est le domaine naturel de la Cour. On peut très bien soutenir la décarbonation du système énergétique français — ce que je fais — et simultanément demander qu'on vérifie que la trajectoire retenue est la moins coûteuse pour atteindre cet objectif. Ces deux positions ne sont pas contradictoires. C'est de la bonne gouvernance des finances publiques, pas une opposition à une politique.
La vraie question posée ici est simple : a-t-on sérieusement comparé le coût complet d'un système de résilience distribuée avec celui d'un réseau centralisé massivement renforcé, adossé à des centrales de pointe à très faible taux de charge ?
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