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Changements sur "Contrôle d'un marché public de traitement des déchets de 15 ans avec des collectivités de Haute-Loire"
Titre
- -{"fr"=>"Contrôle d’un marché public de traitement des déchets attribué en 2012 pour 15 ans en Haute-Loire"}
- +{"fr"=>"Contrôle d'un marché public de traitement des déchets de 15 ans avec des collectivités de Haute-Loire"}
Corps du texte
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- Corps de la contribution
- La présente proposition vise à solliciter un contrôle portant sur un marché public de traitement des déchets ménagers attribué en 2012 par un groupement de collectivités de Haute-Loire pour une durée de 15 ans couvrant la période 2012-2027.\n\nLe groupement concerné comprenait notamment la Communauté d’Agglomération du Puy-en-Velay, le SICTOM des Monts du Forez, le SICTOM Emblavez-Meygal et la Communauté de Communes du Pays de Saugues. Le contrat portait sur des prestations de tri, traitement et valorisation de déchets ménagers dans un contexte d’investissements industriels importants et de transformation des politiques publiques de gestion des déchets.\n\nCette proposition de contrôle paraît présenter un intérêt particulier au regard :\n\ndes montants financiers engagés sur une longue période ;\ndes conséquences budgétaires pour plusieurs collectivités ;\ndes enjeux environnementaux associés aux performances de tri et de valorisation ;\ndes obligations de transparence et de contrôle pesant sur les exécutifs locaux ;\ndes règles de prévention des conflits d’intérêts applicables à la commande publique.\n\nIl est proposé que la Chambre examine en premier lieu les conditions de passation du contrat et la justification de sa durée particulièrement longue au regard des principes de concurrence et des règles applicables à la commande publique à la date de conclusion du marché. Un examen pourrait notamment porter sur la justification économique de cette durée, les investissements invoqués, les modalités de validation par les assemblées délibérantes ainsi que les conditions d’information des élus.\n\nLa Cour pourrait également analyser l’équilibre économique du contrat et ses mécanismes financiers, notamment les clauses liées aux tonnages minimums, les compensations éventuelles dues par les collectivités en cas d’écarts entre prévisions et volumes réellement traités, ainsi que l’évolution du coût global du service sur la période d’exécution.\n\nUn contrôle pourrait aussi être conduit sur les modalités de suivi de l’exécution du marché par les collectivités membres du groupement. Ce contrôle pourrait porter sur les indicateurs de performance utilisés pour mesurer la valorisation des déchets, la fiabilité des données communiquées aux collectivités, les dispositifs de reporting aux assemblées délibérantes et les conditions dans lesquelles les élus ont été informés des résultats du contrat.\n\nLa proposition vise également à permettre un examen des dispositifs de prévention des conflits d’intérêts et des garanties d’indépendance dans la gouvernance locale liée à ce marché, notamment au regard des obligations déclaratives applicables aux élus et des relations éventuelles entre structures publiques, associatives et économiques intervenant dans le même environnement territorial.\n\nEnfin, un contrôle pourrait permettre d’apprécier la cohérence des soutiens publics, aides ou financements accordés sur la période à l’exploitant ou aux structures liées au secteur concerné, ainsi que leur articulation avec les objectifs de continuité du service public, de concurrence et de bonne gestion des deniers publics.\n\nCe contrôle présenterait un intérêt significatif en matière de transparence de l’action publique locale, d’évaluation de la commande publique de longue durée et de protection des finances publiques locales.
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- Corps de la contribution
- En janvier 2012, un groupement de commandes réunissant la Communauté d’agglomération du Puy-en-Velay, le SICTOM des Monts du Forez, le SICTOM Emblavez-Meygal et la Communauté de communes du Pays de Saugues a attribué à un opérateur privé local un marché de traitement des déchets ménagers d’une durée de 15 ans couvrant la période 2012-2027 (source : Déchets Infos n°107).\n\nCe contrat soulève plusieurs interrogations susceptibles de justifier un contrôle de la Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes.\n\nLa durée de 15 ans apparaît inhabituelle pour un marché de traitement des déchets. Il conviendrait de vérifier si cette durée était justifiée par des investissements amortissables précisément identifiés, régulièrement approuvés par les assemblées délibérantes, et compatibles avec les exigences de remise en concurrence prévues par le Code de la commande publique.\n\nEn 2016, les collectivités membres ont versé 294 000 € à l’opérateur privé en raison d’un tonnage de déchets inférieur aux volumes prévus au contrat (source : Zoomdici, 26 octobre 2016). Le contrat semble ainsi transférer l’essentiel du risque économique sur les collectivités et les contribuables. Un contrôle permettrait d’évaluer si ces clauses étaient conformes à l’intérêt public et si leurs conséquences financières avaient été clairement présentées aux assemblées délibérantes.\n\nLes performances annoncées lors de l’attribution du marché — 92 % de valorisation — ont été contestées par des analyses indépendantes. Après saisine de la CADA afin d’obtenir les données d’exploitation, l’association Zero Waste France a estimé la valorisation matière effective à environ 26 %, le reste relevant principalement d’incinération ou d’enfouissement (sources : Zero Waste France ; Déchets Infos n°107). Plusieurs élus d’opposition ont également dénoncé l’absence persistante de transparence sur l’exécution du contrat. Il conviendrait de vérifier si les obligations de contrôle du titulaire ont été correctement exercées et si d’éventuelles pénalités contractuelles ont été appliquées.\n\nUn examen pourrait également porter sur l’existence éventuelle de liens associatifs, personnels ou politiques entre certains décideurs publics impliqués dans l’attribution ou le financement du marché et les dirigeants de l’opérateur privé, ainsi que sur le respect des obligations déclaratives prévues par la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique.\n\nÀ la suite d'un incendie de l’usine de l’opérateur en décembre 2017, dont l'origine questionne, plusieurs financements publics ont été accordés pour contribuer à sa reconstruction, dont 490 000 € de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. En 2024, le même opérateur a obtenu un nouveau marché en région Auvergne-Rhône-Alpes pour la construction d’un centre de tri dans l’agglomération de Roanne. Il pourrait être utile de vérifier les conditions d’attribution de ces aides et marchés.\n\nLes éléments précités — durée contractuelle atypique, clauses financières potentiellement déséquilibrées, performances contestées, difficultés d’accès aux données d’exécution et interrogations sur la prévention des conflits d’intérêts — paraissent justifier un contrôle indépendant. Les délibérations, marchés publics, rapports d’exécution, conventions de financement et déclarations d’intérêts constituent des documents aisément auditables par la Chambre.