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Recherche médicale et projet d'élevage de macaques à Rousset (13) porté par le CNRS et financé par France 2030
- Corps de la contribution
- La recherche médicale mondiale a engagé sa révolution depuis une dizaine d’années grâce à l’émergence de nouvelles technologies (méthodes in vitro ou in silico) ou à des méthodes d’analyse rendues possibles grâce à des outils informatiques puissants. Plus efficaces, plus rapides, plus transposables à l’homme et moins coûteuses, ces méthodes se substituent peu à peu aux méthodes “traditionnelles” recourant au modèle animal. C’est pourtant pour soutenir ces dernières, à l’obsolescence annoncée, que le CNRS a engagé, en 2021, un projet de développement d’élevage de macaques à Rousset (13) mobilisant 31 M€ d’argent public en investissement, qui seraient mieux utilisés dans le développement de méthodes d’avenir. Ce projet, s’il se réalisait, constituerait une très mauvaise utilisation de l’argent public et placerait la recherche médicale française sur une trajectoire perdante. Nous recommandons la suspension de ce projet et la réorientation des fonds vers le développement des technologies modernes. / Nature et objectifs du projet Porter la capacité de la station de primatologie de Rousset (13) à 1 800 individus pour en vendre environ 250 par an à partir de 2032 aux laboratoires de recherche publique français. / Coût du projet L’équation économique du projet est structurellement déséquilibrée : si l’on considère l’investissement initial de 31 M€ amorti sur 30 ans, l’achat de macaques reproducteurs à l’île Maurice à hauteur de 10 M€ (appel d’offre de 2023), amortis sur 10 ans (durée plausible), et le coût annuel de fonctionnement du centre d’élevage de 5,1 millions, le coût de revient de chaque primate produit au Rousset sera de 28 500 €. Ce coût est bien supérieur aux tarifs actuellement pratiqués sur le marché international. Avec ce projet, le CNRS organise un déficit structurel qui ne fera que se creuser dans le temps, au fur et à mesure de la réduction de la demande. / Les critiques envers le projet / Absence de données prospectives L’allocation de crédits France 2030 était “... sous condition d’évaluation du dimensionnement proposé pour ce centre par rapport aux besoins réels et à l’évolution des besoins dans les années qui viennent …” (Demande de la DGRI mars 2022) Réponse du porteur du projet : “ Sachant les limites d’une enquête prospective, nous avons mené une enquête rétrospective sur la période de 2015 à 2019” . En clair, le porteur n'était pas en mesure de répondre à la condition préalable. / Réserves du Comité d’Ethique du CNRS (COMETS) Dans son rapport du 15/01/26, le COMETS « estime que le projet (…) ne pourrait être acceptable qu’aux conditions suivantes : 1. Réaliser une instruction scientifique collective contradictoire ; 2. Dresser une trajectoire précise de réduction de l’utilisation des PNH (primates non humains) en recherche académique ». Là encore, le CNRS prend simplement acte de ce rapport sans envisager de répondre à ces préalables. / Opposition de la communauté scientifique. Constatant qu’en dépit des arguments appelant à réviser le projet, le CNRS entendait le poursuivre, un collectifs de 170 chercheurs français a exprimé son désaccord (Le Monde du 18/04/26), pointant notamment que “L'obstination des porteurs du projet est fort dommageable tant pour les animaux que pour la recherche française.” Ceci fait suite à une tribune publiée le 20/05/25 par le même média, signée par un collectif de chercheurs soutenus par des parlementaires, dénonçant déjà “une vision court-termiste de la recherche médicale"
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Conversation avec Denis SCHMID
La question n'est pas de savoir si nous avons besoin de PNH aujourd'hui. S'agissant de lancer un projet d'élevage financé par l'argent public, la question est de savoir si nous en aurons encore besoin demain et dans quelles proportions. A cette question, aucune réponse recevable n'a été apportée à ce jour.
On peut juste être réaliste. Il est important de préparer la recherche sans animaux" avant dire stop. Cependant, en allant vers cette direction, il est important que les animaux soient le mieux traités possible or les faire venir dans des charters est vraiment améliorable si on gère les élevages en France. C'est comme la loi de 2021 sur le bien-être animal qui interdira à partir de décembre 2026 les spectacles et le maintien en captivité d'orques et de dauphins en France et que maintenant, on se dit soit on envoi les animaux dans un autre pays avec des conditions plus mauvaises soit on construit un bassin à Beauval mais pendant les travaux, on ne peut pas les laisser à Marineland qui devient insalubre pour les animaux. C'est très bien de faire avancer les choses mais pas n'importe comment.
Si vous voulez être entendu, il faut avoir un vrai plan. En cherchant un vrai plan, vous vous rendrez compte que ce n'est pas si simple et que cette extension est une bonne idée.
L'offre stimule la demande. Augmenter l'offre n'encourage pas les efforts pour réduire la demande. Et n'encourage pas non plus les chercheurs à se former sur d'autres méthode de recherche. C'est un frein à une évolution des pratiques préjudiciable à la recherche médicale dans son ensemble.
Quant à la question des orques, c'est effectivement assez triste pour ceux qui étaient en captivité, mais au moins n'y en aura-t-il plus au Marineland d'Antibes.
Et faire venir des macaques reproducteurs pour s'apercevoir trop tard qu'ils sont surnuméraire et leur réserver un sort similaire à celui des orques n'est pas forcément une très bionne idée.
C'est la raison pour laquelle tout ces débats, arguments et contre-arguments, auront une portée limitée aussi longtemps qu'une analyse prospective des besoins sérieuse n'aura pas été réalisée.
C'est très exactement ce que nous demandons, ni plus ni moins. Le fait qu'il soit si difficile d'obtenir une réponse satisfaisante n'est pas très rassurant quant
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