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Évaluer le coût public d’un encadrement insuffisant des pratiques complémentaires et intégratives en santé
- Corps de la contribution
- La France consacre des moyens considérables à l’Assurance maladie, aux mutuelles, à la prévention, à la santé mentale, au vieillissement et au médico-social. Pourtant, les pratiques complémentaires et intégratives non conventionnelles, déjà largement utilisées par les citoyens, restent insuffisamment évaluées par l’action publique. Elles sont souvent abordées sous le seul angle du risque ou de la dérive, sans cadre national clair permettant de distinguer les pratiques dangereuses des démarches sérieuses, éthiques, traçables et non substitutives au soin médical. La présente proposition ne vise pas à remplacer la médecine conventionnelle, ni à contester le rôle central du diagnostic, des traitements validés et du parcours de soins. Elle propose d’évaluer si l’absence d’encadrement public produit elle-même un coût collectif : défaut d’information des usagers, recours inadaptés, perte de chance, errance, confusion entre accompagnement et soin, mais aussi impossibilité de mesurer le potentiel de certaines pratiques dans la prévention, l’apaisement, l’orientation et le soutien des personnes. Dans un système de santé sous tension, il serait utile d’examiner ces pratiques sous l’angle d’une « seconde valeur » en santé. Celle-ci ne serait ni une béquille du système médical, ni une médecine de remplacement, mais une ressource complémentaire lorsque le parcours classique ne répond pas à toutes les demandes : anxiété, isolement, douleurs fonctionnelles, épuisement des aidants, accompagnement du vieillissement, besoin d’écoute, fragilités émotionnelles ou situations d’errance non strictement pathologiques. L’enjeu est double : protéger les usagers contre les promesses abusives et les pratiques non encadrées ; mais aussi éviter qu’une suspicion indistincte empêche d’identifier les démarches sérieuses pouvant faire l’objet d’une évaluation objective. Une politique publique mature devrait distinguer ce qui relève du risque, de l’accompagnement et de la prévention. La Cour des comptes pourrait examiner les dépenses déjà engagées dans ce domaine : information du public, action des ARS, dispositifs de signalement, lutte contre les dérives sectaires, prévention, santé mentale, perte d’autonomie et actions territoriales. Elle pourrait aussi évaluer l’absence de référentiel national sur la formation, la déontologie, la traçabilité, les contre-indications, l’information des usagers et l’articulation avec le parcours de soins. Une telle enquête permettrait de savoir si l’État dispose d’une stratégie cohérente, lisible et proportionnée ; si les moyens publics sont bien employés ; si les citoyens sont correctement informés ; et s’il existe un potentiel de prévention ou de réduction des recours évitables aujourd’hui non mesuré. Cette proposition relève d’une logique d’évaluation, non de promotion. Elle vise à apprécier le coût public de l’absence de discernement institutionnel dans un secteur déjà présent dans la société, économiquement actif, socialement demandé, mais insuffisamment structuré.
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Bonjour, comment fait-on pour évaluer des pratiques non conventionnelles en santé, qui sont tellement disparates, le plus souvent non codifiées, exercées par des personnes dont les formations et les orientations professionnelles sont variables ? Il y a là un défi méthodologique si l'on voulait mener des études sérieuses, et à supposer que l'on veuille démontrer une efficacité, comment déterminerait-t-on la population d'étude, sur quels critères d'inclusion et d'exclusion, faisant l'objet de quel accompagnement, de quels soins, dans quelles conditions, et comparativement à quelle approche déjà reconnue pour son efficacité ? Car si l'on veut démontrer que l'on a un certain effet, au moins égal, voire supérieur, il faut bien un comparateur de référence non ? Cdt
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