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Changements sur " Évaluation de l'efficience d'Action Logement : 4 milliards d'euros de collecte annuelle pour quel impact sur le logement des salariés ? "
Portée
- -Sujet national ou local ?
- +Sujet national
Titre
- -{"fr"=>"Évaluation de la mise en œuvre du Plan National des Achats Durables : les 130 milliards d'euros d'achats publics sont-ils vraiment verts ? "}
- +{"fr"=>" Évaluation de l'efficience d'Action Logement : 4 milliards d'euros de collecte annuelle pour quel impact sur le logement des salariés ? "}
Corps du texte
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- Corps de la contribution
- L’État français s’est engagé, à travers le Plan national pour des achats durables (PNAD), à intégrer des critères environnementaux et sociaux dans 100 % de ses marchés publics, et à faire de la commande publique un levier de transition écologique, sociale et solidaire.\nChaque année, la commande publique nationale (État, opérateurs, établissements publics) représente plus de 130 milliards d’euros, ce qui en fait un instrument majeur de politique économique et de transformation des modes de production.\nDans les faits, de nombreux retours de terrain signalent un décalage entre les ambitions affichées et les pratiques effectives :\ncertains marchés restent attribués principalement sur le seul critère prix, les clauses environnementales ou sociales sont parfois vagues ou difficilement contrôlables, et les acheteurs publics manquent souvent de moyens ou d’ingénierie pour mettre en œuvre des cahiers des charges véritablement durables.\nLe risque est que les engagements « achats durables » restent en grande partie déclaratifs ou relèvent du green/social washing.\nUn audit de la Cour permettrait de mesurer, ministère par ministère et pour les principaux opérateurs de l’État, le taux réel de marchés intégrant des critères environnementaux et sociaux, en distinguant la simple présence d’une clause de son poids effectif dans la notation et l’attribution, d’analyser si et dans quels cas ces critères conduisent réellement à des choix différents (fournisseurs, matériaux, prestations) par rapport à une approche centrée sur le seul prix, ou s’ils sont essentiellement symboliques et peu opérants, d’évaluer la capacité des acheteurs publics à contrôler et à suivre l’exécution de ces clauses (traçabilité, contrôles, sanctions en cas de non respect), ainsi que les freins pratiques rencontrés (compétences, délais, outils, marchés de niche), et de comparer les pratiques françaises avec celles de pays européens pionniers en matière d’achats publics responsables, afin d’identifier des bonnes pratiques transférables (objectifs chiffrés par catégorie d’achat, labels obligatoires, clauses type, accompagnement des PME).\nUn tel travail permettrait de savoir si les milliards d’euros de la commande publique contribuent réellement à la transition écologique et sociale, ou si l’on reste encore trop souvent au niveau de l’intention, et de proposer des ajustements concrets pour rendre l’achat public durable à la fois plus exigeant, plus lisible et plus efficace.
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- Corps de la contribution
- Action Logement (ancien « 1% logement ») collecte chaque année, via la Participation des employeurs à l’effort de construction (PEEC), plusieurs milliards d’euros auprès des entreprises de plus de 50 salariés, pour un ordre de grandeur d’environ 4 milliards d’euros.\nCes ressources, de nature quasi obligatoire, financent un ensemble d’actions : prêts immobiliers pour l’accession à la propriété, aides à la mobilité professionnelle, financement de logements locatifs sociaux ou intermédiaires pour les salariés, dispositifs en faveur des jeunes, des alternants et des salariés modestes en tension de logement.\nLa gouvernance et l’efficience de ce système font régulièrement débat : complexité institutionnelle, empilement de filiales et de structures, critiques sur la transparence de l’allocation des fonds et sur l’adéquation des aides avec les besoins réels des salariés, en particulier dans les zones tendues.\nPar ailleurs, Action Logement repose sur un appareil de gestion important (plusieurs milliers de salariés, réseau d’agences, outils numériques, patrimoine immobilier), ce qui pose la question du ratio entre frais de structure et montants effectivement redistribués aux bénéficiaires.\nUn audit de la Cour permettrait d’évaluer l’efficience de l’utilisation des fonds collectés : part réellement consacrée aux aides et investissements au bénéfice des salariés, par rapport aux frais de gestion, aux coûts de structure et aux charges financières, de mesurer si les aides d’Action Logement atteignent effectivement les publics ciblés (salariés modestes, jeunes, travailleurs clés dans les zones en tension) ou si une part significative des ressources bénéficie à des ménages plus aisés ou à des opérations peu prioritaires, d’analyser la pertinence et le coût de la structure organisationnelle (taille de l’appareil, mutualisations possibles, gains d’efficience envisageables) à la lumière des missions confiées, et de comparer ce modèle avec d’autres mécanismes européens de financement du logement des salariés (fonds paritaires, dispositifs fiscaux, programmes publics) afin d’identifier des pistes d’amélioration en termes de justice sociale, de transparence et d’impact sur la crise du logement.\nCe type d’évaluation donnerait aux employeurs, aux salariés et aux pouvoirs publics une vision claire du « rendement social » d’une contribution obligatoire qui pèse sur la masse salariale, et permettrait d’orienter, si nécessaire, une réforme d’Action Logement pour le recentrer sur les priorités de la décennie (logement abordable, mobilité, transition énergétique du parc).